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Gestion du risque avalanche

Avalanches

Gestion du risque avalanche

La catastrophe du chalet UCPA à Val-d'Isère (février 1970) a impulsé en France une véritable politique de prise en charge du risque basée sur la prévention (amélioration de la connaissance du phénomène, cartographie, prévision, réglementation, etc.) et la protection.

La prévention

La connaissance du risque : à partir de 1970, les cartes de localisation des phénomènes avalancheux (CLPA) ont été créées. Ces cartes au 1 : 25 000 constituent un inventaire des phénomènes passés identifiés ; l'enveloppe maximum de chacun d'eux, pour chaque avalanche, y est reportée.

Les cartes de localisation des phénomènes avalancheux (CLPA) : le cahier des charges des CLPA a été proposé par le Cemagref, aujourd'hui Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), et la méthodologie d'élaboration par l'Institut géographique national (IGN). La CLPA s'appuie notamment sur l'enquête permanente sur les avalanches (EPA), qui est une opération de surveillance réalisée par des agents de l'Office national des forêts, sur environ 5 000 couloirs d'avalanche. La CLPA est également réalisée au moyen d'une étude de photographies aériennes d'été et d'une enquête auprès des habitants des zones concernées. Le service de restauration des terrains en montagne (RTM), l'office national des forêts (ONF), les services des pistes, les parcs nationaux et la direction départementale des territoires (DDT) sont également systématiquement consultés.
Plus de 600 000 hectares ont ainsi été cartographiés dans les Alpes et les Pyrénées.
La CLPA est un document informatif et non une cartographie réglementaire, ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui d'être indispensable à la bonne gestion d'une route ou d'un domaine skiable, et à l'établissement de tout projet d'aménagement.

La maîtrise de l'urbanisation : la cartographie du risque d'avalanche a largement évolué au fil des années, pour laisser la place aujourd'hui au plan de prévention des risques naturels. Ce dernier permet, le cas échéant, de réglementer l'urbanisme et la construction dans les zones exposées à un risque d'avalanche.

La prévision : si l'on connaît assez bien les principales zones où se produisent les avalanches, la localisation précise de leur trajet et de leur limite d'extension est plus difficile. La prévision des avalanches reste une science inexacte. Quasi inexistante il y a trente ans, elle se développe aujourd'hui à travers la nivologie (science de la neige) et la météorologie alpine. Météo-France édite régulièrement un bulletin d'estimation du risque d'avalanche qui donne, à l'échelle d'un massif, des indications sur l'état du manteau neigeux en fonction de l'altitude, de l'exposition, du relief. Il propose également une estimation du risque, basée sur une échelle européenne graduée de 1 (risque faible) à 5 (risque très fort).

L'information du citoyen : le droit à l'information générale sur les risques majeurs s'applique. Pour le risque d'avalanche, de nombreuses informations concernant l'aléa et les consignes à adopter en cas d'événement sont mises à la disposition du citoyen (mairie, services de l'État). Des campagnes spécifiques d'information des pratiquants de ski hors piste sont réalisées, notamment par des associations comme l'Anena : Association nationale d'étude de la neige et des avalanches.

Des moyens de protection adaptées aux sites et aux enjeux

- Des mesures de gestion de crise : des mesures d'interdiction (d'accès au domaine skiable, à des routes, etc.) et d'évacuation (d'immeubles, de villages, etc.), mais également un déclenchement artificiel des avalanches. Dans ce cadre, les communes exposées à un risque d'avalanche sont pourvues d'un plan d'intervention pour le déclenchement des avalanches (PIDA), qui prévoit les procédures de mise en sécurité.

- Des ouvrages de protection qui empêchent le départ des avalanches ou protègent contre leurs effets. Dans la zone de départ de l'avalanche, il peut s'agir de filets, râteliers, claies, barrières à vent ou encore plantations, tandis que dans les zones d'écoulement et d'arrêt, ce sont des ouvrages de déviation, de freinage ou d'arrêt (paravalanches).

Au niveau individuel, les pratiquants de ski de randonnée et de hors piste doivent se munir d'un appareil émetteur-récepteur d'aide à la recherche des victimes d'avalanche (ARVA), qui leur permet en cas d'avalanche, soit de repérer plus facilement une personne ensevelie, soit d'être repéré plus rapidement en cas d'ensevelissement.

L'organisation des secours

Dans les domaines skiables, les secours sont effectués par les pisteurs-secouristes du service des pistes. En montagne, les gendarmes ou les CRS sont chargés du secours des victimes, et peuvent être aidés par des guides, des volontaires des sociétés locales de secours. Ces équipes disposent toujours d'équipes cynophiles (maîtres chiens et chiens d'avalanches). De plus en plus, les secours sont médicalisés, pour optimiser les chances de survie des accidentés.

Celles-ci sont essentiellement fonction de la durée d'ensevelissement (de près de 95 % dans le premier quart d'heure (quart d'heure vital), elles tombent à 25 % après 45 minutes), ainsi que de la profondeur d'ensevelissement une fois l'avalanche arrêtée. Ces chiffres illustrent l'importance de s'équiper pour ne pas dépendre de la rapidité de secours extérieurs.

Les consignes

Les consignes générales s'appliquent et sont complétées par un certain nombre de consignes spécifiques au risque d'avalanche. Des consignes de sécurité s'adressent plus spécifiquement aux skieurs :

  • Se tenir informé des conditions météorologiques et des zones dangereuses : un drapeau à damier noir et jaune signifie un danger d'avalanche sur la station ; un drapeau noir associé au précédent signifie que le danger est généralisé.


Les drapeaux d'alerte avalanche utilisés sur les domaines skiables des stations de sports d'hiver

 Drapeau jaune : risque faible
Drapeau à damier jaune et noir : risque marqué (niveaux 3 et 4)
Drapeau noir : risque généralisé (niveau 5)

 

  • En période dangereuse, ne pas quitter les pistes ouvertes, damées et balisées
  • Si l'on pratique le ski de randonnée et le ski hors piste, se munir d'un ARVA
  • Ne pas partir seul et indiquer itinéraire et heure de retour.

 

 CONSIGNES SPÉCIFIQUES

AVANT

Si vous avez à franchir une zone douteuse :

  • Détecter les zones à risques et les éléments aggravants de terrain (ruisseau, ravin).
  • Mettre un foulard sur la bouche.
  • Traverser un à un, puis s'abriter en zone sûre.
  • Ne pas céder à l'euphorie en groupe !

PENDANT

  • Tenter de fuir latéralement.
  • Se débarrasser des bâtons et du sac.
  • Fermer la bouche et protéger les voies respiratoires pour éviter à toutprix de remplir ses poumons de neige.
  • Essayer de se cramponner à tout obstacle pour éviter d'être emporté.
  • Essayer de se maintenir à la surface par de grands mouvements de natation.

APRÈS

  • Ne pas s'essouffler en criant, pour tenter de se faire entendre, émettre des sons brefs et aigus (l'idéal serait un sifflet).
  • Faire le maximum d'efforts pour se dégager quand on sent que l'avalanche va s'arrêter. Au moment de l'arrêt, si l'ensevelissement est total, s'efforcer de créer une poche en exécutant une détente énergique ; puis ne plus bouger pour économiser l'air.