Aléa retrait-gonflement des argiles

Nature du phénomène

 

Ouvert au public depuis novembre 2004, ce site fournit des informations relatives aux phénomène de retrait-gonflement des sols argileux, ses manifestations physiques et son impact pour la société. Différentes fonctionnalités sont accessibles :

  • Consultation des cartes d’aléa par département ou par commune,

  • Téléchargement des rapports et des cartes d’aléa déjà parus.

  • Information sur les manifestations du phénomène et la manière de les prévenir,

  • Alerte sur le besoin de prendre des précautions particulières lors de la construction d’une maison individuelle ou d’une infrastructure dans un secteur susceptible de contenir des argiles.

 

Description du phénomène

 

Le retrait par assèchement des sols argileux lors d’une sécheresse prononcée et/ou durable produit des déformations de la surface des sols (tassements différentiels). Il peut être suivi de phénomènes de gonflement au fur et à mesure du rétablissement des conditions hydrogéologiques initiales ou plus rarement de phénomènes de fluage avec ramollissement.

 

Nature du phénomène

 

En climat tempéré, les argiles sont souvent proches de leur état de saturation, si bien que leur potentiel de gonflement est relativement limité. En revanche, elles sont souvent éloignées de leur limite de retrait, ce qui explique que les mouvements les plus importants sont observés en période sèche. La tranche la plus superficielle de sol, sur 1 à 2 m de profondeur, est alors soumise à l’évaporation. Il en résulte un retrait des argiles, qui se manifeste verticalement par un tassement et horizontalement par l’ouverture de fissures, classiquement observées dans les fonds de mares qui s’assèchent.

L’amplitude de ce tassement est d’autant plus importante que la couche de sol argileux concernée est épaisse et qu’elle est riche en minéraux gonflants. Par ailleurs, la présence de drains et surtout d’arbres (dont les racines pompent l’eau du sol jusqu’à 3 voire 5m de profondeur) accentue l’ampleur du phénomène en augmentant l’épaisseur de sol asséché.

Ces mouvements sont liés à la structure interne des minéraux argileux qui constituent la plupart des éléments fins des sols (la fraction argileuse étant, par convention, constituée des éléments dont la taille est inférieure à 2 µm). Ces minéraux argileux (phyllosilicates) présentent en effet une structure en feuillets, à la surface desquels les molécules d’eau peuvent être adsorbées, sous l’effet de différents phénomènes physico-chimiques, provoquant ainsi un gonflement, plus ou moins réversible du matériau. Certaines familles de minéraux argileux, notamment les smectites et quelques interstratifiés, possèdent de surcroît des liaisons particulièrement lâches entre feuillets constitutifs, si bien que la quantité d’eau susceptible d’être adsorbée au cœur même des particules argileuses, peut être considérable, ce qui se traduit par des variations importantes de volume du matériau.

 

Comment identifier un sol sensible au retrait-gonflement ?

 

Les cartes départementales d'aléa retrait-gonflement élaborées par le BRGM peuvent contribuer à attirer l’attention des maîtres d’ouvrage sur la question. Cependant, pour déterminer avec certitude la nature du terrain situé au droit de la parcelle et adapter au mieux les caractéristiques de la construction aux contraintes géologiques locales, une étude géotechnique menée par un bureau d’études techniques spécialisé constitue la mesure a priori la plus sûre.

L’élaboration du cahier des charges détaillé de l’étude de sol préalable à une construction sur terrain argileux sujet au phénomène de retrait-gonflement reste du ressort du géotechnicien qui l’adaptera pour tenir compte des spécificités du terrain de construction (géologie, topographie, hydrogéologie, végétation, etc.) et de la nature du projet envisagé.

À titre indicatif, les objectifs d’une telle étude sont a priori les suivants :

  • Reconnaissance de la nature géologique et des caractéristiques géométriques des terrains d’assise ;

  • Caractérisation du comportement des sols d’assise vis-à-vis du phénomène de retrait-gonflement ;

  • Vérification de l’adéquation du mode de fondation prévu par le constructeur avec les caractéristiques et le comportement géotechnique des terrains d’assise ;

  • Vérification de l’adéquation des dispositions constructives prévues par le constructeur avec les caractéristiques intrinsèques du terrain et son environnement immédiat.

Pour atteindre ces objectifs, les moyens suivants peuvent être mis en œuvre, étant bien entendu que la liste ci-dessous n’est pas limitative et qu’elle doit être adaptée au contexte spécifique de chaque étude :

Moyens suivis

 

 

Les conclusions de cette étude serviront à prescrire les dispositions constructives adaptées aux caractéristiques du terrain et au projet de construction. Elles permettront notamment de définir le type et la profondeur requise pour les fondations, ainsi que la nature des aménagements extérieurs spécifiques à prévoir.

 

Manifestation des dégâts

 

Le sol situé sous une maison est protégé de l’évaporation en période estivale et il se maintient dans un équilibre hydrique qui varie peu au cours de l’année. De fortes différences de teneur en eau vont donc apparaître dans le sol au droit des façades, au niveau de la zone de transition entre le sol exposé à l’évaporation et celui qui en est protégé. Ceci se manifeste par des mouvements différentiels, concentrés à proximité des murs porteurs et particulièrement aux angles de la maison. Ces tassements différentiels sont évidemment amplifiés en cas d’hétérogénéité du sol ou lorsque les fondations présentent des différences d’ancrage d’un point à un autre de la maison (cas des sous-sols partiels notamment, ou des pavillons construits sur terrain en pente).

Ceci se traduit par des fissurations en façade, souvent obliques et passant par les points de faiblesse que constituent les ouvertures.

 

Les maisons individuelles sont les principales victimes de ce phénomène et ceci pour au moins deux raisons :

  • la structure de ces bâtiments, légers et peu rigides, mais surtout fondés de manière relativement superficielle par rapport à des immeubles collectifs, les rend très vulnérables à des mouvements du sol d’assise ;

  • la plupart de ces constructions sont réalisées sans études géotechniques préalables qui permettraient notamment d’identifier la présence éventuelle d’argile gonflante et de concevoir le bâtiment en prenant en compte le risque associé ;

  • Les désordres se manifestent aussi par des décollements entre éléments jointifs (garages, perrons, terrasses), ainsi que par une distorsion des portes et fenêtres, une dislocation des dallages et des cloisons et, parfois, la rupture de canalisations enterrées (ce qui vient aggraver les désordres, car les fuites d’eau qui en résultent provoquent des gonflements localisés).

Depuis la vague de sécheresse des années 1989-91, le phénomène de retrait-gonflement a été intégré au régime des catastrophes naturelles mis en place par la loi du 13 juillet 1982. En l’espace de 20 ans, ce risque naturel est devenu en France la deuxième cause d’indemnisation derrière les inondations (sur la période de 1995 à 2013, le coût des dommages liés au phénomène de retrait gonflement des argiles a été évalué à 365 M€ par an en moyenne, contre 540 M€ pour les inondations). Le montant total des remboursements effectués à ce titre depuis 1989 était évalué par la Caisse Centrale de Réassurance en juin 2010 à environ 4,5 milliards d’euros, ce qui correspond à plusieurs centaines de milliers de maisons sinistrées sur l’ensemble de la France.

 

Cartographie et accès aux données

 

cartographie de l'aléa

 

Avoir une connaissance de l’aléa sur la totalité des départements français métropolitains contribue à diminuer le nombre de sinistres causés par le phénomène de retrait-gonflement des argiles. Ainsi, délimiter les secteurs a priori sensibles permet d’y diffuser certains principes de prévention à respecter.

Le terme d’aléa désigne la probabilité qu’un phénomène naturel dintensité donnée survienne sur un secteur géographique donné et dans une période de temps donnée. La cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles revient donc à définir, en tout point du territoire, la probabilité qu’une maison individuelle soit affectée par un sinistre par exemple dans les dix ans qui viennent. A la demande du Ministère de l'Environnement, le BRGM a dressé, pour l'ensemble du territoire métropolitain (hors ville de Paris), des cartes d’aléa définies de manière qualitative.

Les cartes ont pour but de délimiter toutes les zones qui sont a priori sujettes au phénomène de retrait-gonflement et de hiérarchiser ces zones selon un degré d’aléa croissant :

  • Les zones où l’aléa retrait-gonflement est qualifié de fort, sont celles où la probabilité de survenance d’un sinistre sera la plus élevée et où l’intensité des phénomènes attendus est la plus forte ;

  • Les zones où l’aléa est qualifié de faible, la survenance de sinistres est possible en cas de sécheresse importante, mais ces désordres ne toucheront qu’une faible proportion des bâtiments (en priorité ceux qui présentent des défauts de construction ou un contexte local défavorable, avec par exemple des arbres proches ou une hétérogénéité du sous-sol) ;

  • Les zones d’aléa moyen correspondent à des zones intermédiaires entre ces deux situations extrêmes ;

  • Les zones où l’aléa est estimé a priori nul, il s’agit des secteurs où la carte géologique actuelles n’indiquent pas la présence de terrain argileux en surface. Il n’est cependant pas exclu que quelques sinistres s’y produisent car il peut s’y trouver localement des placages, des lentilles intercalaires, des amas glissés en pied de pente ou des poches d’altération, de nature argileuse, non identifiés sur les cartes géologiques à l’échelle 1/50 000, mais dont la présence peut suffire à provoquer des désordres ponctuels.

 

Méthodologie utilisée pour l'établissement de la cartographie d'aléa

 

  1. Dans le cadre du programme de cartographie départementale de l’aléa retrait-gonflement des argiles conduit par le BRGM de 1997 à 2010, la donnée de départ utilisée est celle des cartes géologiques établies et publiées par le BRGM à l’échelle 1/50 000. Leur analyse a permis d’identifier les formations argileuses (au sens large), affleurantes ou sub-affleurantes, et d’en établir une cartographique numérique, homogène à l’échelle départementale. Ceci a nécessité :

  • Un travail de numérisation et surtout d’harmonisation des cartes ;

  • Des regroupements de formations afin d’obtenir un document synthétique exploitable à l’échelle départementale ;

  • Des compléments ou des précisions afin d’actualiser la connaissance grâce aux informations contenues dans la Banque de données du Sous-Sol (BSS), gérée par le BRGM, ainsi que par les bureaux d’études géotechniques ou les collectivités locales.

 

  1. Les formations argileuses ainsi identifiées ont ensuite fait l’objet d’une hiérarchisation en fonction de leur susceptibilité vis-à-vis du phénomène de retrait-gonflement. Celle-ci est évaluée sur la base de trois critères qui se recoupent plus ou moins :

  • Leur nature lithologique (caractérisée par l’importance et la disposition des termes argileux au sein de la formation) ;

  • La composition minéralogique de leur phase argileuse (la proportion de minéraux gonflants de type smectites ou interstratifiés étant estimée à partir de critères paléogéographiques et d’essais de diffractométrie aux rayons X) ;

  • Leur comportement géotechnique (évalué par des essais de laboratoire parmi lesquels la valeur de bleu, l’indice de plasticité ou le retrait linéaire).

La combinaison de ces différentes observations a permis d’établir une carte de susceptibilité au retrait-gonflement

 

  1. La carte d’aléa a ensuite été réalisée à partir de cette carte de susceptibilité en intégrant également les sinistres enregistrés sur le territoire du département.

Il a fallu pour cela :

  • Recenser et localiser avec précision le plus grand nombre possible de sinistres survenus dans le département, afin d’obtenir une représentation statistique réaliste des probabilités d’occurrence du phénomène.

  • Calculer, pour chacune des formations argileuses identifiées, une densité de sinistres qui est ramenée, pour faciliter les comparaisons, à 100 km² de surface d’affleurement réellement urbanisée.

Lors de cette étape, les taux d’urbanisation ont été pris en compte. En effet, quiils peuvent présenter des disparités importantes d’un point à l’autre du département et fausser ainsi l’analyse (les sinistres étant évidemment plus nombreux dans les zones fortement urbanisées !).

 

   Limites de validité des cartes

 

L’échelle de validité des cartes départementales d’aléa établies est celle de la donnée de base utilisée pour leur réalisation, à savoir les cartes géologiques à l’échelle 1/50 000. Le degré de précision et de fiabilité des cartes d’aléa est limité en partie par la qualité de l’interprétation qui a permis leur élaboration (identification et hiérarchisation des formations à composante argileuses), mais surtout par la qualité des observations qui ont permis la réalisation des cartes géologiques, point de départ de l’étude. En particulier, les hétérogénéités lithologiques, qui caractérisent de nombreuses formations géologiques, ne sont pas toujours bien identifiées sur les cartes actuellement disponibles.

Les cartes géologiques sont initialement levées sur des fonds topographiques à l’échelle du 1/25 000. La précision du report des limites d’affleurement est donc satisfaisante à l’échelle du 1/50 000. En revanche, il ne faut jamais perdre de vue qu’une carte géologique comporte une part de subjectivité liée à l’expertise propre de l’auteur et que, en particulier, les formations les plus superficielles peuvent faire l’objet d’interprétations diverses d’une feuille à l’autre.

Le travail d’harmonisation et de correction des cartes géologiques, en vue d’établir une carte départementale des formations à composante argileuse, permet de gommer une partie de ces différences d’interprétation et de rectifier certains contours pour intégrer la connaissance issue de sondages récents. Il n’en demeure pas moins que la carte ainsi élaborée reflète l’état des connaissances au moment de sa publication. Des investigations complémentaires permettraient probablement de corriger certaines limites d’affleurement, voire d’identifier de nouvelles poches ou plaquages argileux non représentés sur les cartes actuellement disponibles.

Ces considérations sont importantes car elles expliquent pourquoi les cartes d’aléa ainsi élaborées ne peuvent en aucun cas prétendre refléter en tout point l’exacte nature des terrains présents en surface ou sub-surface. En particulier il n'est pas exclu que, sur les secteurs considérés d’aléa a priori nul (qui sont présentés sans figuré spécifique sur les cartes d’aléa), se trouvent localement des zones argileuses d’extension limitée. Celles-ci peuvent être liées à l’altération localisée des calcaires, à des lentilles argileuses intercalées ou à des placages argileux non cartographiés, correspondant notamment à des amas glissés en pied de pente. A l’échelle de la parcelle constructible, elles sont en tout cas de nature à provoquer des sinistres isolés.

Inversement, il est possible que, localement, certaines parcelles situées pourtant dans un secteur dont l'aléa retrait-gonflement des argiles a été évalué globalement comme non nul soient en réalité constituées de terrains non sensibles au phénomène, voire non argileux. Ceci pourra être mis en évidence à l'occasion d'investigations géotechniques spécifiques, par exemple en prévision à un nouveau projet d'aménagement (d'où l'intérêt de ce type d'études de sols avant construction), même si cet aléa nul n'a pu être identifié lors de la réalisation des cartes départementales d'aléa, basées, rappelons-le, sur l'état des connaissances géologiques accessibles au moment de l'étude.

 

Les régions les plus touchées

 

Depuis 1989, ce sont près de 8 500 communes françaises, réparties dans 90 départements de France métropolitaine, qui ont été reconnues au moins une fois en état de catastrophe naturelle vis-à-vis du retrait-gonflement, ce qui traduit parfaitement l’ampleur du phénomène. Pourtant, certaines régions sont plus particulièrement touchées et ceci en étroite corrélation avec la nature géologique du sol. C’est le cas en particulier de la plaine de Flandres, de la partie sud du Bassin de Paris, du fossé de la Limagne, de la région d’Apt et surtout de l’ensemble des coteaux molassiques du Sud-Ouest, entre Agen et Toulouse.

 

Les données communiquées par le Ministère de l'Environnement en 2016 montrent que la région parisienne est tout particulièrement concernée par le phénomène puisque parmi les sept départements de la région Ile-de-France (hors ville de Paris) quatre font partie des dix départements français pour lesquels les coûts cumulés d’indemnisation pour des sinistres liés au retrait-gonflement sont les plus élevés. Selon ce critère, les Yvelines sont les plus touchées, suivies de près par la Seine-et-Marne, l’Essonne et le Val-de-Marne.

Les autres départements qui présentent des coûts cumulés d’indemnisation élevés suite à des sinistres liés au retrait-gonflement sont par ordre décroissant la Haute-Garonne, les Bouches-du-Rhône, la Dordogne, la Gironde, le Tarn et le Tarn-et-Garonne (où plus de 95 % des 195 communes du département ont été reconnues au moins une fois en état de catastrophe naturelle sécheresse au 06 septembre 2016).

 

Recommandations et réglementations

 

Comment construire sur un sol sensible au retrait-gonflement ?

 

Les dispositions préventives généralement prescrites pour construire sur un sol argileux sujet au phénomène de retrait-gonflement obéissent aux quelques principes suivants, sachant que leur mise en application peut se faire selon plusieurs techniques différentes dont le choix reste de la responsabilité du constructeur. Dans les communes dotées d’un Plan de Prévention des Risques naturels (PPR) qui prend en compte spécifiquement le phénomène de retrait-gonflement des argiles, les mesures à respecter dans chacune des zones réglementées sont celles qui sont définies par le règlement du PPR.

Les fondations sur semelle doivent être suffisamment profondes pour s’affranchir de la zone superficielle où le sol est sensible à l’évaporation. À titre indicatif, on considère que cette profondeur d’ancrage, qui doit être au moins égale à celle imposée par la mise hors gel, doit atteindre au minimum 0,80 m en zone d’aléa faible à moyen et 1,20 m en zone d’aléa fort. Une construction sur vide sanitaire ou avec sous-sol généralisé est préférable à un simple dallage sur terre-plein. Un radier généralisé, conçu et réalisé dans les règles de l’art, peut aussi constituer une bonne alternative à un approfondissement des fondations.

  • Les fondations doivent être ancrées de manière homogène sur tout le pourtour du bâtiment (ceci vaut notamment pour les terrains en pente (où l’ancrage aval doit être au moins aussi important que l’ancrage amont) ou à sous-sol hétérogène. En particulier, les sous-sols partiels qui induisent des hétérogénéités d’ancrage sont à éviter à tout prix ;

  • La structure du bâtiment doit être suffisamment rigide pour résister à des mouvements différentiels, d’où l’importance des chaînages horizontaux (haut et bas) et verticaux ;

  • Deux éléments de construction accolés, fondés de manière différente ou exerçant des charges variables, doivent être désolidarisés et munis de joints de rupture sur toute leur hauteur pour permettre des mouvements différentiels ;

  • Tout élément de nature à provoquer des variations saisonnières d’humidité du terrain (arbre, drain, pompage ou au contraire infiltration localisée d’eaux pluviales ou d’eaux usées) doit être le plus éloigné possible de la construction. On considère en particulier que l’influence d’un arbre s’étend jusqu’à une distance égale à au moins sa hauteur à maturité ;

  • Sous la construction, le sol est à l’équilibre hydrique alors que tout autour il est soumis à évaporation saisonnière, ce qui tend à induire des différences de teneur en eau au droit des fondations. Pour l’éviter, il convient d’entourer la construction d’un dispositif, le plus large possible, sous forme de trottoir périphérique ou de géomembrane enterrée, qui protège sa périphérie immédiate de l’évaporation ;

  • En cas de source de chaleur en sous-sol (chaudière notamment), les échanges thermiques à travers les parois doivent être limités par une isolation adaptée pour éviter d’aggraver la dessiccation du terrain en périphérie. Il peut être préférable de positionner de cette source de chaleur le long des murs intérieurs ;

  • Les canalisations enterrées d’eau doivent pouvoir subir des mouvements différentiels sans risque de rompre, ce qui suppose notamment des raccords non fragiles (systèmes d’assouplissement) au niveau des points durs.

 

    Quels sont les documents réglementaires qui concernent le risque des mouvements de terrain dans l’aménagement du territoire ?

     

    Le Plan de Prévention des Risques naturels (PPR)

    Créé par la loi du 2 février 1995 (article L.562-1 du Code de l’Environnement), le PPR constitue aujourd’hui l’un des instruments essentiels de l’action de l'État en matière de prévention et connaissance des risques naturels.

    Le plan présente les zones à risques aux populations et aux aménageurs, ainsi qu’une réglementation sur l’utilisation des sols en tenant compte des risques naturels identifiés sur cette zone. Cette réglementation à pour but d’orienter les choix d’aménagement dans les territoires les moins exposés pour réduire les dommages aux personnes et aux biens.

    Dans le cas particulier du phénomène de retrait-gonflement des argiles, les zones concernées, même soumises à un aléa considéré comme élevé, restent constructibles. La réglementation impose, dans l’essentiel, des normes de bon sens dont la mise en œuvre n’engendre qu’un surcoût relativement modique, mais dont le respect permet de réduire considérablement les désordres causés au bâti même en présence de terrains fortement sujets au phénomène de retrait-gonflement. Cette réglementation concerne essentiellement les constructions futures. Quelques consignes s’appliquent toutefois aux bâtiments existants afin de limiter les facteurs déclenchants et/ou aggravants du phénomène de retrait-gonflement. Le non-respect du règlement du PPR peut conduire à la perte du droit à l’indemnisation de sinistres déclarés, et ceci malgré la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

    Le PPR peut être consultable en ligne sinon dans la préfecture de chaque Département ou la Mairie de chaque commune.

     

    Documents d’urbanisme (SCOT, PLU) et autorisation d’urbanisme

    Document d’urbanisme instauré par la loi SRU du 13 décembre 2000, le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) est l’outil de conception et de mise en œuvre d’une planification stratégique intercommunale, à l’échelle d’un large bassin de vie ou d’une aire urbaine, dans le cadre d’un projet d’aménagement et de développement durables (PADD). Le SCoT :

    • détermine les orientations générales de l’organisation de l’espace et les grands équilibres entre les espaces urbains et à urbaniser et les espaces ruraux, naturels, agricoles et forestiers ;

    • apprécie les incidences prévisibles de ces orientations sur l’environnement

    • détermine les conditions du développement urbain dans le respect des principes et des objectifs relatifs à la prévention des risques.

    Le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) ou le plan local d’urbanisme (PLU), succède au plan d’occupation des sols (POS) et établit, à l’échelle d’un groupement de communes (EPCI) ou d’une commune, un projet global d’urbanisme et d’aménagement. Le PLU(I) fixe les règles générales et les conditions d’utilisation des sols sur le territoire considéré en veillant à l’intégration des principes de prévention des risques.

     

    L’article R. 111-2 du Code de l’Urbanisme

    Il régit la délivrance des autorisations d’urbanisme en l’absence d'un PPRN opposable aux tiers, d’application immédiate, puisque selon cet article: “Le projet peut-être refusé ou n’être accepté que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations.” La décision peut s’appuyer sur des études historiques d’événements passés ou des études récentes relatives aux zones d’aléa.

     

    Des sinistres souvent très coûteux

     

    Un sinistre consécutif au phénomène de retrait-gonflement des argiles peut entraîner des coûts de réparation très lourds et peut même, dans certains cas, aboutir à la démolition de la maison lorsque les frais nécessaires à son confortement dépassent la valeur de la construction. Ces cas extrêmes restent relativement rares en France mais le nombre de maisons touchées par ce phénomène est particulièrement élevé. Ainsi au cours de l'été 2003, près de 7000 communes ont demandé une reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle du fait du retrait-gonflement des argiles, ce qui représente plusieurs dizaines de milliers d'habitations sinistrées.

    Le Ministère en charge de l’Environnement estime que les coûts moyens d’indemnisation d’un sinistre retrait-gonflement sont de l’ordre de 15 000 € par maison (Commissariat Général au Développement Durable), mais ce montant s’avère très variable d’un sinistre à l’autre. Dans certains cas, il est possible de supprimer à moindre frais la cause principale des désordres (par exemple en arrachant un arbre trop proche) puis de procéder au rebouchage des fissures (avec un enduit souple) une fois que l’état hydrique du sol a retrouvé son équilibre.

    Dans de nombreux cas cependant, il est nécessaire de procéder à des reprises en sous-œuvre (par micro-pieux), ce qui entraîne des coûts d’intervention qui atteignent plusieurs dizaines de milliers d’euros.

    De surcroît, des réparations aussi lourdes sont relativement traumatisantes pour les occupants de la maison qui doivent parfois être relogés temporairement pendant la durée des travaux. Enfin, ce type d’intervention n’est généralement effectué qu’après une période plus ou moins longue, rendue nécessaire non seulement par la procédure administrative d’indemnisation (attente de la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle puis expertises) mais surtout pour permettre aux experts d’observer l’évolution des fissures afin de bien comprendre l’origine du phénomène et de laisser le sol retourner dans un état d’équilibre hydrique favorable à la réalisation des travaux. L’analyse détaillée, avec intervention d’un bureau d’études géotechniques spécialisé, des causes du sinistre est en effet indispensable à ce stade pour permettre de proposer des solutions de confortement adaptées et durables. Mais une telle attente se révèle souvent difficile à vivre pour les occupants de la maison, confrontés aux problèmes d’infiltrations à travers les murs extérieurs et parfois de blocage des portes et des fenêtres.

    Pourtant, on sait parfaitement construire sur des sols argileux sujets au phénomène de retrait-gonflement et ceci moyennant le respect de règles constructives relativement simples qui n’entraînent pas de surcoût majeur sur les constructions. Il est donc fondamental de savoir identifier avant construction la présence éventuelle d’argile gonflante au droit de la parcelle, afin de prendre en compte ce paramètre lors de la mise en œuvre du projet.

     

    Téléchargements et liens

     

    Téléchargements

     

    Dossier d'actualité sur le retrait -gonflement des argiles du BRGM, Octobre 2012   

    Le retrait-gonflement des argiles - Comment prévenir les désordres dans l'habitat individuel?

     

    Liens

     

    Avertissement : Les liens et références présentés ci-après sont là dans l'intérêt et pour le confort des utilisateurs du site argiles.fr et ceci n'implique de la part du BRGM ni responsabilité, ni approbation des informations contenues dans ces sites.

     

    Le site du Ministère de l'Environnment: Risque mouvement de terrain .
    Le site institutionnel du BRGM

    RN 3 – Mouvements de terrain 

    Le portail de la prévention des risques majeurs,
    portail d'accès aux informations sur le sous-sol,
    La base de données nationale des cavités souterraines en France métropolitaine,
    La base de données nationale sur les mouvements de terrain,
    La base de données nationale des séismes historiques en France métropolitaine,
    Le site Internet de la Mission des sociétés d’assurances pour la connaissance et la prévention des Risques Naturels,
    Le site Internet de la Caisse Centrale de Réassurance,
    Le site Internet de l’Agence Nationale pour l’Information sur le Logement,
    Le site du service public de diffusion du droit français,
    Le site d'AQC.

     

    Sitographie

     

     

    Références bibliographiques

     

    CEBTP, sous l'égide de l'AQC, l'APSAD, l'AFAC, la CCR et la FNB (1991) – Détermination des solutions adaptées à la réparation des désordres des bâtiments provoqués par la sécheresse. Guide pratique CEBTP, 3 fascicules.

    Vincent M., Plat E., Le Roy S., Surdyk N., Dubus I. avec la collaboration de Martin M. (2007) Suivi de l'évolution en profondeur de la dessication des sols argileux en période de déficit hydrique. Rapport final de phase 2. Rapport BRGM/RP-55845-FR, 164 p., 112 ill.

    Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de la Mer, Commissariat Général au Développement Durable (2010), Le régime d’assurance des catastrophes naturelles en France métropolitaine entre 1995 et 2006, Études et Documents n°22, 64 p.

    Ministère de l'Écologie, du Développement et de l’Aménagement Durables, Direction de la Prévention des Pollutions et des Risques, Sous-direction de la Prévention des Risques majeurs (2008) Le retrait-gonflement des argiles – Comment prévenir les désordres dans l’habitat individuel ?

    Mouroux P., Margron P. et Pinte J.C. (1988) – La construction économique sur sols gonflants. Editions BRGM, Manuels et Méthodes n° 14.

    Tessier D., Blaise F., Coquet Y., Courbet C., Priem J., Lemaire Y., Trillaud S. (2006) – Analyse comparative de politiques de prévention du risque de « sécheresse géotechnique » - Modélisation et visualisation du phénomène. Rapport INRA. 273 p.

    Vincent M., Bouchut J., Le Roy S., Dubus I., Surdyk N. (2006) – Suivi de l’évolution en profondeur de la dessiccation des sols argileux en période de déficit hydrique. Rapport final de phase 1. Rapport BRGM/RP-54567-FR, 189 p., 127 ill.

    Vincent M., Bouchut J., Fleureau J.-M. (LMSSMat), Masrouri F. (LAEGO), Oppenheim E. (CEBTP-Solen), Heck J.-V. (CSTB), Ruaux N. (CSTB), Le Roy S., Dubus I., Surdyk N. (2006) - Étude des mécanismes de déclenchement du phénomène de retrait-gonflement des sols argileux et de ses interactions avec le bâti – rapport final. Rapport BRGM/RP-54862-FR, 378 p., 308 ill.

    Vincent M., Cojean R., Fleureau J.-M., Cui Y. J., Jacquard C., Kazmierczak J.-B., Masrouri F., Tessier D., Alimi-Ichola I., Magnan J.-P., Blanchard M., Fabre D., Pantet A., Audiguier M., Plat E., Souli H., Taibi S., Tang A.-M., Morlock C., Maison T., Mrad M., Bréda N., Djeran-Maigre I., Duc M., Soubeyroux J.-M., Denis A., Proust D., Geremew Z., Le Roy S., Dumont M., Hemmati S., Nowamooz H., Coquet Y., Pothier C., Makki L., Chrétien M., Fontaine C. (2009) – Rapport de synthèse final du projet ARGIC (Analyse du retrait-gonflement et de ses Incidences sur les Constructions) – Projet ANR-05-PRGCU-005. Rapport BRGM/RP- 57011-FR en partenariat entre le Centre de Géosciences, le BRGM, le LMSSMat, le CERMES, Fondasol, l’INERIS, le LAEGO, l’INRA, le LGCIE, le LCPC, Météo-France, le GHYMAC et l’Université de Poitiers, 92 p., 29 ill., 6 tabl., 39 ann. (sur CD Rom).

     

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    Je voudrais acheter une maison et j’ai constaté qu’elle se situe sur une zone identifiée en aléa fort sur la carte d’aléa retrait-gonflement : dois-je renoncer à mon achat ?

    Je voudrais faire construire une maison sur un terrain affiché en zone d’aléa retrait-gonflement d’après les cartes : dois-je obligatoirement prévoir des fondations profondes par pieux ?

    J’ai constaté la présence de fissures l’été dernier sur ma maison et j’ai de bonnes raisons de croire qu’elles sont liées au phénomène de retrait-gonflement : que dois-je faire ?