Cavités souterraines

FAQ Effondrements

Les cavités sont-elles toutes dangereuses ?

NON, fort heureusement. À brève et à moyenne échéance, la grande majorité des cavités souterraines n’est pas dangereuse en termes de risques d’effondrement pouvant générer des désordres en surface.
Toutefois, parmi les cavités les plus dangereuses, il est possible de distinguer plusieurs principaux types :

  • les cavités inconnues anthropiques ou naturelles (qui ne présentent pas d’orifice connu ou ayant disparu de la mémoire locale). Du fait de leur méconnaissance, il est assez fréquent d’avoir construit au dessus de ces cavités sans restriction. Dans cette situation, en cas d’effondrement de la cavité, les constructions sont parfois très endommagées dans la mesure où elles n’ont pas été conçues pour résister à ce type d’évènement. Par exemple en 2000 et 2001, en Picardie, plus de 4000 cavités oubliées (sapes de guerre, marnières) se sont effondrées suite à de fortes intempéries ; plus de 300 habitations ont été affectées, dont 57 évacuées et 46 ayant subi des dégâts importants (fissuration importante et/ou gros-œuvre endommagé). L’existence de ce type de cavité conduit dans certains cas les spécialistes de la prévention des risques à dresser des périmètres d’exposition aux effondrement qui vont parfois bien au-delà de l’extension des cavités connues, sous réserve que des critères de prédisposition à la présence de cavités effondrables soient atteints.
  • les cavités anthropiques anciennes, totalement abandonnées et non surveillées (carrières, caves, sapes de guerre, marnières…), peuvent être très dangereuses dans la mesure où les conditions de stabilité du site peuvent se dégrader continuellement sans prévention ;
  • les cavités naturelles gypseuses peuvent également se révéler très dangereuses du fait de leur évolution très rapide en cas de circulations d’eau agressive dans le sol (phénomène de dissolution).

Est-ce dangereux de construire au dessus d’une cavité souterraine ?

Pas forcément. Certaines cavités souterraines sont très bien connues et parfaitement surveillées (ex : cas des carrières de Paris). La construction peut y être autorisée, le risque restant maîtrisé, sous réserve d’adopter certaines mesures de précaution (information des occupants, construction adaptée à la capacité de tenue des terrains au dessus de la cavité, maîtrise des rejets d’eau dans le sol, etc.).
Dans les autres cas, à défaut de ne pouvoir déplacer son habitation (règle parfois la plus simple à adopter), la construction est souvent envisageable au dessus de cavités. Il est toutefois très vivement conseillé, lorsque cela n’est pas déjà imposé par les règles d’urbanisme, de faire procéder à un diagnostic préalable par un spécialiste qui précisera l’extension des cavités sous votre terrain, leur état de stabilité et, si nécessaire, rédigera des recommandations en termes de modalités de construction (ex : renforcement du bâti, adoption de planchers portés, comblement, maîtrise des rejets d’eau dans le sol, etc.).
Concernant les périmètres à risques identifiés sur certains documents d’urbanisme où des cavités peuvent exister sans qu’on en connaisse la localisation, un diagnostic préalable est également conseillé, lorsqu’il n’est pas déjà imposé. La première mesure sera alors de procéder à une détection des éventuelles cavités par forages ou par moyens géophysiques (ex : micro gravimétrie, méthodes électriques, radar…).

Une cavité souterraine est recensée près de ma maison… que dois-je faire ?

D’abord essayer d’obtenir plus d’informations sur cette cavité : consultation des fiches détaillées sur la présente base Internet et des fiches papiers dans les directions régionales du BRGM, ou directement des organismes à l’origine des données (services des carrières, clubs spéléo, etc.), ou votre mairie.
Si vous pensez que cette cavité peut présenter un risque direct sur vos biens ou sur vous-même (ex : la cavité est très proche ou sous votre habitation, elle est non surveillée, elle est mal connue…), il est conseillé de faire réaliser un diagnostic par un spécialiste (bureau d’études, spéléologues) qui précisera l’extension des cavités sous votre terrain, leur état de stabilité et, si nécessaire, délivrera des conseils en matière de prévention des risques (ce dernier aspect est généralement réservé aux bureaux d’études).

À qui puis-je faire appel pour procéder à un diagnostic de cavités ?

En premier lieu, vous pouvez vous adresser à votre mairie qui pourra vous conseiller une entreprise spécialisée.
Il convient de faire appel à un bureau d’études géotechnique spécialisé :

  • sur les pages jaunes de l’annuaire, tapez "géotechnique" dans la rubrique activité et précisez votre département ou votre région dans la dernière rubrique ;
  • vous pouvez également consulter la liste des bureaux d’études membres de l’Union Syndicale Géotechnique.

Ce type d’entreprise pourra vous proposer une prestation complète (détection, diagnostic, recommandations).
Si votre cavité est a priori visitable, vous pouvez également faire appel à un club spéléologique qui procédera à un levé des galeries pénétrables et élaborera un diagnostic de l’état de stabilité des cavités. En matière de recommandations, seuls certains clubs en dispensent.

Combien coûte un diagnostic de cavités ?

Il y a autant de possibilité de montant qu’il y a de configurations différentes. Toutefois, il convient de préciser que ce type de diagnostic se révèle le plus souvent onéreux pour un particulier. Il est donc impératif de faire réaliser un devis par un bureau d’études spécialisé. Ce qui est important lors de votre négociation, c’est de clairement préciser vos besoins et vos objectifs afin que le prestataire puisse vous répondre au mieux. Quelques exemples :

  • détecter la présence de cavités de plus de 5 m3 entre 0 et 10 m de profondeur ;
  • préciser l’incertitude sur les résultats annoncés ;
  • déterminer l’extension géographique des cavités et la reporter sur un plan à l’échelle du 1/200ème où sont indiqués les limites parcellaires et les angles des constructions principales ;
  • apprécier l’état de stabilité des cavités à court terme, moyen terme et long terme ;
  • préciser les éventuels risques sur les constructions existantes ou projetées. Il est souvent intéressant de poser cette question également pour les constructions des parcelles limitrophes ;
  • établir des recommandations en matière de prévention des risques d’effondrement de cavités souterraines.

Il est souvent utile de procéder par étapes, ce qui peut vous éviter d’engager des frais inutiles :

  • vérifier la présence ou l’absence de cavités sur votre parcelle (s’il n’y a pas de cavité, l’étude s’achève à cette étape) ;
  • préciser si ces cavités peuvent présenter un risque sur les constructions existantes (si ce n’est pas le cas, l’étude s’achève à cette étape) ;
  • établir des recommandations en matière de prévention des risques d’effondrement de cavités souterraines (sur les constructions existantes ou projetées).

On notera qu’en matière d’études de sols, il peut exister de nombreuses incertitudes liées à la géométrie et à la dispersion des cavités, ainsi qu’à leur pénétrabilité, ce qui peut les rendre délicates à repérer et étudier. Le fait de multiplier les moyens et le volume d’investigation permet de limiter cette incertitude, mais cela se traduit par des frais d’étude plus lourd.
Pour éviter d’être confronté à des rapports d’études trop imprécis, certains services d’urbanisme imposent des investigations minimales pour détecter des carrières : généralement au minimum 3 forages par parcelle dans l’emprise de la construction projetée, mais cela est à adapter selon la configuration rencontrée (ex : tranchées à la pelle pour rechercher un orifice de puits, ou exploration de galeries visitables, etc.).
Enfin on soulignera que ce type de prestation est désormais codifié par la norme NFP 94-500 classant les missions géotechniques. Les études de faisabilité en vue d’une construction relèvent d’une mission de type G1. Un diagnostic sur du bâti existant est une mission G5. Il est recommandé de demander au prestataire de faire référence à cette classification dans son devis.

Un trou s’est formé dans le sol… que dois-je faire ?

Un "trou" dans le sol peut être la manifestation de plusieurs causes qui souvent n’ont pas de lien avec un effondrement de cavité et généralement ne sont pas dangereux : remblai mal compacté dans une tranchée, conduite d’eau fuyarde, travaux souterrains. Dans tous les cas de figure, soyez vigilants et surveillez l’évolution de ce phénomène. Si vous habitez dans une zone à proximité ou au droit de cavités souterraines (en particulier dans les régions Normandie, Picardie, Nord Pas de calais, Ile de France et Centre) votre vigilance devra être accrue, en particulier si vous constatez l’apparition d’une dépression faisant plus de 1 mètre de diamètre et plus de 30 cm de profondeur.

  1. Ayez les bons réflexes de sécurité :
    • éloignez vous de la zone dangereuse ;
    • essayez de matérialiser et de protéger la zone dangereuse pour éviter que quelqu’un y pénètre ;
    • si l’affaissement se situe sous un bâtiment ou à proximité immédiate, dès les premiers signes, fermez le gaz et l’électricité, évacuez les bâtiments et n’y retournez pas.
  2. Si vous êtes témoin d’une situation de détresse, appelez immédiatement les pompiers au 18.
  3. Prévenez les services techniques municipaux (mairie) qui, si nécessaire, renforceront le périmètre de protection et pourront, s’ils le jugent pertinent, faire appel un expert technique pour élaborer un diagnostic d’urgence et préciser si vous pouvez réintégrer votre habitation.
  4. Si des biens assurables sont touchés par le phénomène, appelez votre assureur.

Reboucher une cavité souterraine à risque… est-ce la meilleure solution ?

NON, pas toujours, cela pour plusieurs raisons :

  • en comblant un orifice vous pouvez rendre la cavité totalement inaccessible ce qui rend ensuite sa surveillance très délicate ;
  • le comblement d’une cavité peut conduire à colmater des écoulements naturels d’eaux souterraines. Cela peut engendrer de nombreuses incidences problématiques (report des circulations vers d’autres zones jusqu’à présent moins exposées, tarissement de sources ou de captages, pollution d’eau souterraines, etc.) ;
  • résurgence de matériaux de comblement dans les caves limitrophes ;
  • réalisation de remblais de mauvaise qualité qui vont continuer à tasser dans le temps ou débourrer massivement en cas de forte pluie ;
  • destruction définitive d’un patrimoine naturel irremplaçable (faune, cristaux) ?

Pour les raisons précédentes, le comblement de cavités souterraines doit toujours être mis en balance par rapport à d’autres solution (ex : dalle, reprise en sous œuvre…), et s’il est retenu les opérations de comblement doivent être confiées à des professionnels qualifiés (choix du matériau, des modes de mise en œuvre, des contrôles).

Est-ce dangereux d’explorer une cavité souterraine ?

OUI, dans la plupart des cas. En effet, outre qu’une cavité peut s’effondrer, elle peut contenir des gaz dangereux ou être inondable. De plus, l’exploration de cavités souterraines doit se faire à l’aide d’équipements adaptés en connaissant parfaitement les règles fondamentales de cette pratique.
Seuls certains sites touristiques aménagés pour la visite de cavités permettent de découvrir le monde souterrain sans réelle contrainte.
En conséquence, il est très fortement déconseillé de s’engager dans une cavité souterraine sans être accompagné par un spécialiste agrée. A ce titre, plusieurs centaines de clubs spéléologiques en France sont habilités pour procéder à ces explorations en toute sécurité. Il convient généralement de faire appel à eux.

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de ma commune, tient-il compte du risque de cavités souterraines ?

OUI. Ces documents, entrés en vigueur en avril 2001, se substituent progressivement aux Plans d’Occupation des Sols (POS). La prévention des risques naturels prévisibles reste un des objectifs des documents d’urbanisme au terme de l’article L.121-1 du code d’urbanisme. Les POS, révisés en PLU, doivent permettre de déterminer les conditions dans lesquelles les risques naturels peuvent être prévenus, conformément à l’article L.121-10.
Conformément à l’article L.111-2 du code de l’urbanisme, la mairie peut rendre inconstructible des parcelles exposées à des risques majeurs ou y assujettir la délivrance de permis de construire à des prescritions particulières.
Les PPR, qui valent servitudes d’utilité publique, doivent être annexés aux POS, révisés en PLU, en vertu de l’article L.562-4 du Code de l’Environnement.